Alexandre Ier
Alexandre Ier
Alexandre Ier Pavlovitch plus connu sous le nom d'Alexandre Ier (né à Saint-Pétersbourg, le 23 décembre 1777 - mort à Taganrog le 1er décembre 1825), fils de Paul Ier et de Sophie-Dorothée de Wurtemberg ; tsar de Russie du 23 mars 1801 jusqu'à sa mort, roi de Pologne de 1815 à 1825, il épouse en 1793 Louise Augusta de Bade (1779-1826). Son règne coïncida avec celui de Napoléon Ier, qu'il combattit à plusieurs reprises.
Élevé à la française, notamment par le colonel suisse Frédéric-César de la Harpe, il développe des idées libérales radicalement opposées à celles de son père Paul Ier. Sa grand-mère, Catherine II, songeait à faire de lui son successeur direct, à la place de Paul, mais elle mourut avant d'avoir pu changer l'ordre de succession au trône en sa faveur.
Alexandre fit venir plusieurs troupes de théâtre de Paris, en plus des acteurs aux contrats permanents. Mais ce fut surtout l'âge d'or de l'opéra français, avec l'invitation de Boieldieu, qui demeura de 1804 à 1810 en Russie, devenant compositeur de la Cour. Tous les ans, il composait un opéra et des marches pour la Garde impériale. La célèbre tragédienne Mademoiselle George demeura de 1808 à 1812 dans la Capitale du Nord et triompha notamment dans Iphigénie de Racine.
Un règne attendu
Après « l'échec » de Catherine à le nommer successeur à la place de son père, Alexandre attend son tour, conscient de la folie de Paul. Informé du complot qui se tramait contre son père, Alexandre envisageait qu'il fût seulement déposé ; le complot ayant conduit à l'assassinat de Paul Ier, Alexandre demeura toute sa vie hanté par l'idée d'apparaître comme le complice de la mort de son père.
Quelques mois après son avènement, il encourage un projet de constitutionnalisation du gouvernement russe et octroie au Sénat un droit de remontrance. Il encourage également l'émancipation des serfs (notamment en 1818, où il affranchit les serfs des provinces baltes). Soutenue par son frère Constantin, sa politique fut abandonnée par son cadet Nicolas Ier, qui revint à l'autocratie.
Alexandre, bien que marié à la belle princesse de Bade Élisabeth Alexeïevna et avec deux filles, entame en 1799 une liaison officielle avec la princesse Narychkine, surnommée l' Aspasie du Nord. Elle lui donne plusieurs enfants et l'empereur l'emmène à Vienne, pendant le Congrès de Vienne (1814-1815), ce qui provoque les critiques de la bonne société. Il met fin à cette liaison de dix-neuf ans, après des mois de combat intérieur, à la fin de l'été 1818. Il retourne alors définitivement auprès de l'impératrice qui avait eu aussi sa propre vie et garde avec Élisabeth des liens d'amitié. La princesse Narychkine meurt en 1854 à Munich.
Alexandre Ier fut le principal adversaire militaire de Napoléon : allié à l'Autriche et à la Prusse, il est sévèrement défait à Austerlitz (1805), puis après un combat acharné à Eylau (1807) est à nouveau défait à Friedland (1807). Après le traité de Tilsit (1807) et d'Erfurt (1808), il s'allie à la France contre l'Angleterre et la Suède, afin de conquérir la Finlande et de gagner du temps, persuadé de longue date que Napoléon est l'ennemi de l'Europe (par le traité de Frederikshaven). Il se retourne contre la France en s'alliant avec les Turcs (traité de Bucarest) : ce renversement d'alliance fut la cause première de la campagne de Russie, qui vit l'occupation de Moscou par les troupes françaises.
Sur le plan religieux, Alexandre développe, à partir de 1814, une crise mystique qui le fait se convertir à une sorte de méthodisme, la Société biblique, sous l'influence de la baronne Von Krüdener. L'empereur attribue aux vaticinations de cette dernière l'invraisemblable et miraculeux succès de la bataille de Waterloo.
E n remerciement pour sa participation au renversement de Napoléon et pour son « éducation française » il est nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit en 1815 par Louis XVIII.
En 1825, quelques mois avant sa mort, il envoie son aide de camp à Rome, informer le pape Léon XII de son désir d'abjurer l'orthodoxie et de ramener la Russie dans l'Église catholique romaine. Sa mort l'empêchera de mener à bien cette reconversion.
Une mort controversée
Alexandre Ier meurt le 1er décembre 1825 à Taganrog au bord de la mer d'Azov ; il est inhumé à Saint-Pétersbourg.
Dès l'annonce de sa mort, des doutes naissent en Russie, alimentés par le fait que de nombreuses personnes, défilant devant son cadavre, ne parviennent pas à le reconnaître. La rumeur s'installe alors selon laquelle le tsar aurait simulé sa mort et se serait retiré loin des hommes, tandis qu'on lui substituait le cadavre d'un soldat lui ressemblant vaguement.
Quelques années plus tard, un ermite du nom de Fiodor Kouzmitch fut reconnu par de nombreuses personnes comme étant Alexandre Ier : arrêté, fouetté puis déporté en Sibérie, il devint staretz et mourut le 20 janvier 1864 à Tomsk, en Sibérie.
L'identité de Fiodor Kouzmitch et d'Alexandre Ier est aujourd'hui admise par certains historiens, d'autant qu'elle serait partagée par la famille Romanov. Ces historiens affirment qu'Alexandre s'est volontairement retiré du monde, probablement pour expier le meurtre de son père, Paul Ier, auquel il aurait involontairement pris part en donnant son appui à la conjuration qui devait assassiner le tsar dément.
Cette rumeur n'a été ni confirmée, ni infirmée, d'autant qu'existent un certain nombre d'obstacles à une telle substitution (notamment, le fait que l'impératrice Élisabeth Alexeievna, épouse d'Alexandre Ier, était alors atteinte de tuberculose et qu'il est peu vraisemblable que le tsar ait abandonné son épouse condamnée).
Un élément vient, cependant, accroître le trouble : lorsque Alexandre III fit ouvrir le tombeau d'Alexandre Ier, afin de vérifier le bien-fondé des rumeurs de survie, le cercueil fut découvert vide.
Sources :
Cet article est tiré de celui de l'encyclopédie Wikipédia
Illustrations "Alexandre 1er" de Gérard de Chateau de Malmaison
Mis à jour (Vendredi, 21 Janvier 2011 16:13)
